Balthazart - Quand le cerveau devient masculin

Posted on 2023-02-15

Jacques Balthazart est un biologiste belges intéresse par l'étude de l'influence des hormones sur le comportement des animaux et des humains.

Dans ce livre, il explique son parcours jusqu'à ce domaine spécifique de la différenciation biologique entre les deux sexes. Son étude a commence avec des oiseaux et s'est ensuite élargie a d'autres espèces puis aux humains.

La littérature scientifique est assez riche sur ce domaine et assez bien acceptée aux États-Unis, contrairement a la France ou le sujet reste en retrait et plutôt rejetée de la population au profit d'une notion d'égalité plus prononcée.

Il commence l'explication du sujet de ce livre en parlant de l'évolution et de l'avantage d'avoir deux sexes, puis s'intéresse au cerveau des poissons et des oiseau, qui ont certains zones spécifiques bien différentes entre mâles et femelles.

Plus proche de nous, on observe les souris et les primates pour mieux comprendre ces différences et les exposer de manière rigoureuses. En revanche sur l'homme, l'expérimentation est impossible et c'est uniquement par analogie ou en étudiant les différences ou cas exceptionnels naturel que l'on peut essayer d'expliquer les mécanismes en jeu chez l'homme.

Ce livre est passionnant et j'ai pris beaucoup de plaisir a le lire. Il explique de manière claire, progressive, détaillée et abordable ce sujet qui m'a intéresse et dont je me sens concerne. C'est via une référence a son livre "On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l'être" que je suis tombe sur cet auteur. La lecture de cet ouvrage me donne bien envie d'acheter cette référence initiale.

Chapitre 5: D'étonnantes découvertes

Au stade embryonnaire le cerveau est neutre. 2 semaines autour de la naissance un pic de testostérone vient déclencher la masculinisation du cerveau. Le cerveau neutre est le cerveau femme.

Histoire du diamant mandarin gynandromorphe: c'est un oiseau unique qui a un cote masculin et un cote féminin. Il permet de déterminer ce qui est génétique et ce qui est hormonale dans le développement du cerveau.

L'epigenetique (la manière dont les gènes s'expriment) a aussi une importance qui peut se répercuter sur plusieurs générations: On a constate avec une famine en Hollande que des mères ont enfantes des individus ayant des caractéristiques qui se sont propagés aux générations suivantes.

Chapitre 6: De l'animal a... L'homme

Il est difficile d'établir des certitudes pour les mécanismes humains car il est souvent impossible de reproduire les expériences que l'on s'autorise sur les animaux. Il faut donc se contenter d'extrapoler les mécanismes étudies sur les animaux ou utiliser les cas extraordinaires rencontres naturellement.

Un des éléments observé est que le développement du cerveau masculin est lie au processus hormonal et non aux gènes. On trouve ainsi des cas d'humains qui ayant aussi bien des gènes XX ou XY, se développent comme des hommes.

Le livre s'arrête aussi un peu sur les perturbateurs endocriniens, car en venant perturber les cycles hormonaux ils révèlent certains mécanismes. On a ainsi constate que le DDT pourrait être responsable de l'avancée de l'age de maturité des femmes: exposées au DDT le développement sexuel est accélère, mais une boucle de rétroaction se met en place, et c'est en retrouvant un environnement neutre en DDT que la rétroaction s'arrête laissant le cycle de développement sexuel arriver très vite.

Chapitre 8: Identité de genre et orientation sexuelle

Une expérience avec des campagnols permet de mettre en avant le rôle des hormones dans les liens monogames ou polygames. Naturellement polygames, mais soumis a l'ocytocine, les campagnols des montagnes deviennent monogames. Vice versa pour ceux des prairies avec un inhibiteur a ocytocine. Ce résultat a été retrouve chez les singes par mesure de leur taux d'ocytocine et de leur comportement.

Chez l'homme on retrouve un comportement similaire: la vasopressine favorise l'attachement dans le cerveau masculin et l'ocytocine tient le même rôle dans le cerveau féminin. Les deux hormones sont également liées au lien social. Chez la femme la production d'ocytocine est déclenchée par la stimulation des seins ou du vagin activité sexuelle, accouchement et allaitement).

Les expériences sur les ratons montrent que le taux d'exposition du cerveau prénatal a la testostérone détermine l'orientation sexuelle: au dessus d'un certain taux c'est une attirance pour les femelles, en dessous c'est une attirance pour les mâles. Cependant, en corrélant chez l'homme certains marqueurs caractérisant le taux de testostérone, on ne retrouve pas de corrélation claire entre l'orientation sexuelle et la testostérone prénatale.

On doit conclure que la testostérone prénatale affecte l'orientation sexuelle, mais ne la détermine pas complètement.

Du cote génétique: Certains gènes peuvent être propages car ils contribuent au bénéfice du groupe et pas uniquement a l'individu. Ainsi une théorie affirme que la présence d'individus homosexuels dans la parente (oncles, par exemple), contribue a prendre en charge les autres enfants de la famille. Une autre théorie est que l'homosexualité est une attirance exagérée pour les hommes et que ce trait est valable pour les femmes aussi. Effectivement on trouve que les femmes ayant un parent homosexuel ont statistiquement plus d'enfants que les autres.

Du cote épigénétique, on constate que la probabilité d'avoir un garçon homosexuel augmente de 33% a chaque naissance d'enfant masculin. Une explication pourrait tenir a la présence d'une protéine générée par le fœtus mâle qui s'accumule chez la mère et qui influence l'orientation sexuelle du fœtus suivant.

Il s'intéresse ensuite a la question de la transition du genre et commence par une définition:

  • Un homme qui aime les femmes est gynéphile.
  • Un homme qui aime les hommes est androphile.

L'identifie de genre parait ainsi contrôlée par des mécanismes similaires a ceux qui contrôlent l'orientation sexuelle, mais séparer les deux est difficile. L'absence de modelé animal interdit l'induction habituelle, et les tailles d'échantillon trop faibles rendent les études statistiques quasi impossibles. Tout certitude est bannie sur le sujet. Sauf peut-être une seule, de nature assez générale: l'existence d'une base biologique réelle a notre identité sexuelle.

Chapitre 9: Ce que nous avons appris

C'est un chapitre récapitulatif de ce qui a été expose, des méthodes utilisées et de leur défauts.

Il repose la question de pourquoi certains groupes nient encore l'existence d'une différence biologique entre le cerveau des hommes et des femmes, malgré toute la littérature scientifique qui existe sur le sujet. Il y vois principalement 3 raisons en France:

  • Féminisme: en cherchant a rétablir l'égalité entre homme et femme, le féminisme cherche a nier la différence entre les 2 sexes.
  • Ce déterminisme biologique, en déterminant certains de nos comportements, viendrait nous priver d'une partie de notre libre arbitre.
  • Il y a une certaine particularité française faite d'associations politiques gauchistes et de personnes influentes comme Simone de Beauvoir qui poussent à l'égalité.

On aime penser que l'enfant est une feuille vierge que l'on peut remplir avec l'éducation. Cela a des conséquences sur certains aspects:

  • L'intersexualité montre que les choix fait arbitrairement a la naissance pour reconstruire le sexe ne correspondent pas a ce que l'individu ressent plus tard.
  • L'homosexualité montre que l'orientation sexuelle n'a rien de culturel mais relève d'un processus biologique.
  • La médecine bénéficierait a considérer plus fortement les différences homme femme pour proposer des traitement plus adaptes.
  • La politique, notamment dans les pays ou l'égalité homme femme est très développée, montre que les comportements entre homme et femme sont différents.

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